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Cafouillage
Mis en ligne le 07/06/11
Deux députées de la majorité, Valérie Boyer et Bérengère Poletti défendent leurs collègues contre les accusations de sexisme du milieu politique. Et les collègues s’empressent de refermer la brèche ouverte par les récentes affaires.
Ce n’était donc pas une blague. Nous vous l’annoncions vendredi dernier, deux députées de la majorité, Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône) et Bérengère Poletti (Ardennes), se sont piquées de laver la réputation de leurs collègues éclaboussés par les témoignages sur le sexisme en politique.
Saisissant la perche enfin tendue par les médias, nombre de femmes politiques ont répété ce qu’elles disent depuis des lustres : la misogynie va bon train dans le milieu politique, Chantal Jouanno allant jusqu’à affirmer qu’elle préférait ne pas se mettre en jupe pour être tranquille. Du Nouvel Obs au JDD, en passant par Marianne, la presse, rebondissant sur les affaires Strauss-Kahn et Tron, s’est livrée à un concours de témoignages les plus croustillants sur le sexisme de certains hommes politiques. Mais le tandem Boyer-Poletti n’y a vu que du feu. "Les femmes de l'Assemblée Nationale qui portent des jupes respectent leurs collègues et en sont respectées !", affirmaient-elles avant d'inviter leurs collègues à en parler. Et, selon une dépêche largement reprise, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), de saisir la balle au bond pour défendre ses députés contre "les allégations qu'il y aurait à l'Assemblée des comportements différents de ce qu'ils sont" dans le reste de la société. Il n'y en a pas plus qu'ailleurs". Et d’en rajouter : il s’est déclaré "interloqué" par les propos de la ministre des Sports, qualifiant son affirmation "d'injustifiée et déplacée"… Tous les ingrédients de la loi du silence sont là : des hommes puissants qui monopolisent la parole, des femmes qui opinent et s’empressent de faire taire et d’isoler celles qui dénoncent. Argumentaire acrobatique L’argumentaire des défenseurs de la vertu des députés est pourtant acrobatique : il n’y aurait pas plus de machisme ici qu’ailleurs dans la société… C'est donc reconnaître qu'il y en a bel et bien. Il semble cependant que peu d'élus aient suivi ces députées dans leur croisade contre les accusation de machisme… Aurélie Filippetti a par exemple remis les pendules à l’heure : "Sur le sexisme et le machisme, malheureusement il y a toujours des femmes qui ont été en quelque sorte les complices des hommes sexistes et machistes", a-t-elle dit à Reuters. LA SELECTION
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Commentaires
C'est pourquoi il est tellement important de réfléchir à la façon dont nous éduquons les enfants, filles et garçons. Sans oublier de travailler sur la fonction d'apprentissage des règles sociales largement assurée par les mères et qui contribue, hélas! à entretenir des schémas qui devraient être périmés depuis longtemps.
J'ai assisté à l'émission et je suis d'accord avec Sylvain. Mais je pense que le numéro des deux dinosaures était tellement excessif qu'il les a desservis, à commencer dans l'esprit de l'animateur qui, à plusieurs reprises, a réussi à les contenir (ce qui n'était pas facile !) pour donner la parole aux autres intervenants.
Le débat intéressant qui s'est quand même instauré illustre bien le changement d'attitude de jeunes hommes de plus en plus nombreux (la réaction de Sylvain en témoigne). Et les jeunes femmes présentes semblaient elles aussi en être conscientes. C'est très encourageant.
Un peu des 2! Regardez le collectif "la Barbe", si elles attendaient qu'on leur donne la parole...
C'est pourtant là que les qualités soi- disant naturelles, mais en fait culturellement apprises par les hommes, comme l'assurance, l'affirmation, la combativité, et l'estime de soi pourraient servir. A tenir tête à de vieux réacs par exemple.
Le principe même de la culture dominante est d'être partagée par tous y compris ses victimes qui, en quelque sorte, l'intériorisent.
Beaucoup de femmes parce qu'elles vivent depuis toujours dans un monde dominé par le masculin (je dis ça plutôt que les hommes car beaucoup d'hommes pas dans la norme en sont aussi victimes) n'ont qu'un but, souvent insconscient : s'insérer dans ce monde plutôt que le changer. Pour cela, elles vont donner des gages de leur acceptation de l'ordre établi, comme nier l'évidence du sexisme, voire participer à la chasse de celles qui tentent de changer les choses.
C'est vrai dans beaucoup d'autres domaines que les relations hommes/femmes d'ailleurs...
J'en connais, mais je trouve que peu s'affirment et encore moins prennent la parole.
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