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Les Nouvelles Brèves
Mis en ligne le 23/11/11
Une proposition de résolution discutée ce 6 décembre à l'Assemblée nationale veut aller vers « une société sans prostitution ».
« Si la prostitution perdure, et avec elle la traite des êtres humains, l'exploitation sexuelle et plus largement un sexisme tenace dans notre société, ce n'est pas parce qu'elle constitue une fatalité mais parce que personne ne s'y intéresse », observe Danielle Bousquet. Les choses évolueraient-elle ? Oui, pour Danielle Bousquet, qui souligne que le texte de la résolution a obtenu la signature de représentants de tous les groupes parlementaires (1). « Nous sommes en train de relever le pari de faire de la prostitution une question politique à part entière », se réjouit la députée. Dans la foulée de cette résolution, Danielle Bousquet et Guy Geoffroy vont présenter une proposition de loi, que la députée socialiste espère voir examinée en première lecture « avant la fin de cette mandature ». Soit avant les élections de juin 2012. Mais la loi envisagée comporte, entre autres mesures, un dispositif plus polémique que les éléments symboliques de cette résolution : la pénalisation des clients. Et il est désormais acquis qu'elle ne pourra être adoptée avant cette échéance.
(1) M. Jean-Marc Ayrault, M. Christian Jacob, M. François Sauvadet, M. Yves Cochet, Mme Marie-George Buffet, Mme Martine Billard et Mme Marie-Jo Zimmermann. LA SELECTION
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Commentaires
je suis d'accord que la méthode utilisée n'est pas forcément la bonne. Je n'ai pas les compétences pour juger des effets négatifs ou positifs de telle ou telle position juridique.
ça c'est une autre question.
mais dire que la prostitution est une croisière de plaisir, ça NON !
c'est ça qu'il faut intégrer
et comme en Suède, quand ils ont pénalisé le client, la majorité de la population était contre. 10 ans après, grâce à l'information et à l'éducation, la pensée dominante s'est inversée
et personne n'ira dire que les suédois sont de chastes conservateurs !! seulement les garants des droits humains.
donc l'opinion d'aujourd'hui basée sur les clichés n'a aucun intérêt.
le principal c'est le débat qui va naître de cette résolution
Vous parliez de sado-masochisme. C'est une pratique sexuelle, née d'un désir, d'une jouissance.
Si dans la prostitution, il est question de sexe, ce n'est pas pour autant que c'est une question de SEXUALITE. Au contraire du sado-masochisme.
Parce qu'on sait qu'il y a une différence entre torture et sado-masochisme, l'un est interdit, l'autre pas. Cette différence doit également être faite entre prostitution, et, oh mon dieu, les quelques exceptions qui relèvent du désir sexuel que procure la rémunération.
ce n'est pas parce qu'on interdit la torture qu'on est contre le sado-masochisme. Et ce n'est surement pas parce qu'il y en a qui aiment se faire couper un bras si ça le chante qu'on va légaliser cette pratique au nom d'un seul. C'est le principe du mouton blanc dans les moutons noirs, mais vous l'utilisez à l'envers.
Franchement, je n'engage que moi, mais la prostitution n'est rien d'autre qu'un viol. Un viol "non-officiel". Mais allez-vous rétorquer à une femme qui est violée par son mari, qu'elle ne se fait pas violer sous prétexte qu'elle vit sous son toit, qu'elle se tait en se couchant le soir ou qu'il participe à son "entretien" ? le consentement est une notion assez vague. La liberté c'est de dire oui mais aussi de pouvoir dire non.
vous dites "La question n'est pas d'aimer ou pas aimer. On fait rarement une activité rémunérée par pur plaisir. Mais de savoir si il est légitime de pouvoir l'interdire à tout le monde."
seulement, la prostitution n'est pas une activité rémunérée comme une autre. Libre à vous de ne pas y croire si ça vous arrange.
vous persistez à dire que c'est de l'idéologie, de la moralité, dans le sens péjoratif du terme.
seulement l'abolitionnisme n'est pas là pour taper sur les doigts des prostituées en leur disant "ouuuh c'est pas bien, allez donc vous rhabillez", mais plutot pour taper sur les doigts des prostitueurs (en plus des proxénètes)pour leur faire comprendre le mal qu'ils sont en train de faire à la personne qu'ils "achètent".
Vous n'avez vraiment pas l'air de comprendre la difficulté qu'ont ces femmes à "travailler". Et si on est pas au moins d'accord là-dessus, on ne pourra jamais l'être.
(suite)
Je n'ai jamais dit que vous n'avez pas écouté "des" prostitués. Mais que comme dans le rapport vous extrapolez à l'ensemble le vécu et la situation d'une partie. Qui est évidemment majoritaire, ce que je n'ai jamais contesté. Mais une majorité n'est pas une totalité.
Je vous invite aussi à consulter des sites tels que ceux-ci :
indoors13.blogspot.com/
Quand au "patriarcat", les évolutions des 50 dernières années l'ont sérieusement remis en cause. Je pense qu'il faut plutôt parler de société inégalité dans dans de nombreux domaines, comme le monde pro, la représentation politique ou le cercle familial. Et avec un facteur "âge" important. Quel rapport entre le couple moyen de trentenaires de 2011 et celui de 1960 ?
Citation en provenance du commentaire précédent de Elfvy:
La question n'est pas d'aimer ou pas aimer. On fait rarement une activité rémunérée par pur plaisir. Mais de savoir si il est légitime de pouvoir l'interdire à tout le monde. Et c'est bien ce "tout le monde" qui pose problème à des prostitué(e)s, des client(e)s et à mon avis une bonne partie de l'opinion (qui n'a pas été consultée sur le sujet). Et qui traduit bien selon moi une approche idéologique qui dépasse la seule volonté de répondre à une détresse sociale. Il n'y aurait que des "escorts" indépendantes et avec un bon niveau de vie que ça serait toujours une activité à interdire pour vous.
.../vivre-dans-les-limbes.html
En réalité nous ne sommes que des porte-paroles parce qu'il y en a qui veulent nous obliger a croire qu'il y en a qui aiment ça.
Alors parce que telle personne a eu tel passé, on décrète qu'elle n'est plus libre et responsable, et est un danger pour elle-même ? Si c'est le cas, il faut la mettre sous tutelle après examen individuel. Mais il n'y a pas à généraliser sa situation à tous ceux qui ont eu un passé similaire. Et invalider tous leurs discours pour des motifs pseudo psychanalytique s du genre "vouai mais son inconscient l'empêche de dire ça .."
Même chose sur le vécu de la relation "tarifée". Vous prenez un modèle et vous le plaquez d'autorité sur tout le monde parce que vous vous foutez que des gens n'exercent pas tous de la même façon. Avec les mêmes contraintes ou état d'esprit. Et ne ressentent pas tous la même chose.
La prochaine étape ça sera donc j'imagine la pornographie et les films érotiques (ben voui 80% de filles de l'Est, beaucoup de filles en souffrance ..). Et puis dans quelques années le strip tease, les gogo dancer, Miss France, les pubs un peu trop érotiques (se faire payé pour montrer son corps "marchandisé", c'est louche). In fine on visera toutes les activités même non tarifées jugées "contraires à l'équilibre personnel" du genre pratiques SM, club échangiste, le sexe par webcam avec un inconnu etc.
Car cela impliquerait de revenir à la possibilité de faire d'un individu un bien sur le plan juridique ?
Répondre :
Je ne cautionne rien du tout. Je considère juste que si on veut lutter contre 80% de la prostitution, on a pas à interdire les 20% restants. Car même consentie et bien payée, certaines personnes n'aiment pas l'idée que d'autres baisent pour de l'argent.
Depuis quand on raisonne comme ça ? vous prétendez défendre les droits des prostituées, mais vous faites complètement l'inverse en les enfermant dans ce tunnel de mort.
- et la liberté sexuelle ? pas de désir. Croyez-vous que c'est leur fantasme ? leur façon de jouir ? l'exception, évidemment qu'elle existe, mais dans ce cas là, ça ne relève pas de la prostitution, mais bien de la liberté sexuelle.
- et la liberté de disposer de son corps ? mais elles n'en disposent pas ! on leur a déjà pris par l'inceste et le viol. Il est alors si facile de se prostituer quand notre corps ne nous appartient déjà plus. Là encore, je renvoi au phénomène de décorporalisati on.
Et vous pensez seulement qu'il y a les gens POUR la prostitution et les gens CONTRE la prostitution donc CONTRE les prostituées. Il faut croire que ça vous arrange de croire que VOUS êtes progressistes, et nous, des moralisateurs voulant retourner à la femme prude et chaste.
Non, on peut tout à fait être CONTRE la prostitution et POUR les prostituées, car nous reconnaissons justement en elle leur humanité. Nous les voyons comme des êtres humains, nous reconnaissons leurs droits d'êtres humains et pas leurs non-droits d'objets.
la prostitution ce ne sont pas que des mots abstraits et vides de sens : sexe, vagin, bouche, anus...
Il y a une personne derrière, avec des sentiments, des émotions, des envies et des répulsions.
La prostitution est une question de VIE ou de MORT. Là, nous devons faire notre travail de citoyen et d'être humain.
surtout qu'apparemment il faut le dire et répéter. Cette résolution est aussi là pour lancer le débat et pour changer les idées reçues sur le prostitution (et vu les commentaires, elles sont tenaces!)
alors voilà, je le dis et le répète
ceux qui sont pour la prostitution se basent généralement sur les idées suivantes qui sont complètement irrecevables
- la prostitution est un choix. Oui, il y a de nombreuses personnes qui rentrent "librement" dans la prostitution et qui restent sûrement à leurs comptes. Le problème ce sont les causes qui les amènent à la prostitution. Ce n'est pas qu'une question de précarité. Comme le rappelle Lulu : 80% de prostituées ont été victimes d'inceste ; et vu le nombre de violences sexuelles, beaucoup de personne avancent le chiffre de 100% de prostituées ayant subies toutes violences sexuelles antérieures. Un choix d'y entrer ? les victimes choisissent la prostitution comme elles choisissent la drogue et la scarification. Une partie de ce choix repose sur la volonté de "s'anesthésier", phénomène très bien expliqué par les spécialistes des violences sexuelles, et à rapprocher du phénomène de décorporalisati on. Hormis ce choix qui porte à débat peut-être, les conséquences de la prostitution, du fait même de se prostituer, et je parle même pas des violences diverses, mais du seul fait d'être apparenté à un objet, sont dramatiques pour la santé psychique, physique et psychologique des personnes.
Depuis quand la société aide les gens à mourir ? Depuis quand il est décrété que face à un toxicomane qui se drogue parce qu'il en a besoin, on lui dit : au mais vas- vas-y, puisque c'est toi qui le veut ! Et vas-y scarifie toi, ça nous pose aucun problème ! et puis si tu veux vendre tes organes jusqu'à en crever, surtout on te dérangera pas, c'est ton choix!
(suite)
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